A la vue de ces deux animaux, le seigneur de Florinville demanda à Nostradamus quelle serait leur destinée. A quoi il répondit en même temps qu'il mangerait le noir et que le loup mangerait le blanc. Le seigneur de Florinville, qui n'avait fait la demande que parce qu'il s'imaginait qu'il était en son pouvoir de faire mentir le prophète, ordonna secrètement à son cuisinier de tuer le cochon blanc et de le lui servir à souper.
Suivant cet ordre, le cuisinier tua le blanc, l'habilla et le mit à la broche prêt à être rôti quand l'heure serait venue. Cependant, ayant affaire hors de la cuisine, un louveteau que l'on nourrissait pour l'apprivoiser, y entra et, trouvant le préparatif à sa portée, s'attacha à le manger. Le cuisinier, en rentrant, surpris de l'accident, se saisit aussitôt du cochon noir, le tua, l'apprêta et le servit à table.
Le seigneur de Florinville, qui ne savait rien de l'accident, dit à Nostradamus, avec un air de confiance, qu'on allait manger le cochon blanc, et que le loup n'y toucherait pas. A cela, Nostradamus répartit qu'il ne le croyait point et que c'était le noir qui était sur la table.
Aussitôt, le seigneur ordonna au cuisinier de faire venir le cochon noir, afin de confondre Nostradamus. Mais il fut fort étonné, lorsque le cuisinier étant arrivé, se jeta aux pieds du seigneur et lui déclara le sort des deux cochons.
Comme l'aventure fut trouvée singulière, on la répandit dans tout le royaume.
Source:science-et-magie.com
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